Ségolène Royal détaille ses propositions en matière institutionnelle
LEMONDE.FR avec Reuters | 04.04.07 | 07h03 • Mis à jour le 04.04.07 | 08h17
La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, affine, dans un entretien à L'Express, ses propositions en matière de réformes des institutions, s'engageant à créer un "conseil consultatif constituant" pour les superviser et à "rendre compte" de l'exécution de son programme présidentiel chaque année devant le Parlement.
Mme Royal évoque également les futures relations entre la présidente qu'elle veut être et son premier ministre, un sujet qu'elle avait jusqu'alors éludé lors de la présentation de sa "VIe République". "Le premier ministre, quel qu'il soit, aura un rôle très simple, une feuille de route claire : mettre en application le pacte présidentiel", affirme-t-elle, esquissant un équilibre nettement favorable au chef de l'Etat.
Si elle est élue, le conseil des ministres changera également de physionomie. "Actuellement, tous les mercredis, on engrange des réformes nouvelles sans jamais évaluer quoi que ce soit", explique la candidate. Dès le 6 mai, "les ministres me rendront compte de ce qu'ils ont fait pendant les sept jours précédents et de la manière dont ils évaluent l'application des réformes déjà adoptées, puis nous préparerons les réformes à suivre".
UN GOUVERNEMENT COMPRENANT ENTRE 15 ET 18 MINISTÈRES
"La moindre des choses", estime la présidente de Poitou-Charentes, c'est que le "pacte présidentiel", qu'elle a présenté aux Français mi-février au terme d'une phase de débats participatifs, soit "mis en chantier sans délai". "Cette parole qui est ma parole en même temps que la parole des Français, je m'engage aujourd'hui solennellement à ce qu'elle soit tenue. Et je viendrai personnellement, tous les ans, rendre compte devant le Parlement" de son application, annonce la candidate.
La première femme à avoir une chance réelle d'accéder à l'Elysée confirme envisager un gouvernement comprenant entre 15 et 18 ministères, contre une trentaine actuellement, et à conserver les "mêmes structures pendant cinq ans". "Je veux stabiliser les découpages ministériels une fois pour toutes pour le quinquennat, sinon, cela crée de l'incertitude et du désordre", fait-elle valoir.
La candidate, qui martèle, au gré de sa campagne, son slogan "un euro dépensé doit être un euro utile", réaffirme également, avec humour, son intention de réduire le train de vie de l'Etat "en général". "La sobriété n'empêche pas la grandeur dans l'exercice du pouvoir et de l'autorité", explique-t-elle, annonçant son intention de demander à une commission parlementaire de faire des propositions sur la baisse des dépenses de fonctionnement à l'Elysée. "Il faut tout faire pour réduire le côté monarchique de l'exercice du pouvoir en France. Et je le ferai, toute Royal que je suis !"
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